Jour 5

 

Refuge de la Vanoise - Refuge de la Valette

 

≈ 16 km, 1100 D+, 6 h

 

 

Le lendemain matin, le temps s’est bien arrangé : il fait un beau soleil par-dessus une brume légère.

Cette dernière journée est prévue pour être plus courte, pour ne pas manquer le train du soir à Moutier.

 

Direction Pralognan, sous le soleil. Le refuge, beau bâtiment en pierres grises, jouxté d’affreux pré-fabriqués du réfectoire et de la salle hors-sac. On découvre quelques sommets environnants.

Vanoise : refuge du col de la Vanoise, Pointes de la Petite et Grande Glières ? - AU BOUT DES PIEDS
refuge du col de la Vanoise, Pointes de la Petite et Grande Glières ?

 

Je décide de descendre par l’autre sentier que le GR 55 de manière à rencontrer moins de monde, car en approchant de Pralognan, il devrait y avoir plus de marcheurs. 

Lac des Assiettes, bassin vide, coupé en 2 par des dalles de pierres plates, faisant comme une allée dans un jardin de parisiens.

Vanoise - AU BOUT DES PIEDS
Vanoise : vallon de l'Arcelin, en descendant vers Pralognan - AU BOUT DES PIEDS
vallon de l'Arcelin

 

 

Peu de monde en effet, et pour cause : le sentier descend plus fort ; les pierres sont glissantes, la terre aussi parfois ; les marches sont hautes à franchir, les racines des arbres encombrent le chemin et pour couronner le tout, la vue n’a rien d’enviable. Le torrent de l’Arcelin est tout de même fort mignon.

Puis c’est la remontée, rude, à l’ombre (sacrément rude), vers le crique du Dard et le col du Grand Marchet. Quelle montée ! D’abord le long du torrent rafraîchissant du Dard. On ne voit pas du tout où on peut aller par-là le sentier nous mène : c’est abrupt et va droit dans les rochers où grimpent des alpinistes. Je les entends avant de les apercevoir sous la petite Aiguille de l’Arcelin.

 

Débouchant dans le cirque du Dard, on comprend que  le chemin a un but, mais là encore, n’en voit pas bien l’issue si ce n’est vers un col vertigineux et très escarpé sur la droite.

C’est bien là : quelqu’un descend dans un pierrier fin. Ouahh ! Pas de trace bien définie, sol très glissant : parfois, on monte d’un pas et on redescend d’un pas ! C’est très raide. Ce sera la partie la plus dure de ce parcours en Vanoise (avec la descente du névé sous le col de la Masse). Mais là, il faut grimper : le cardiaque s’emballe vite et le souffle lui emboite le pas. On prend quand-même 700 m de dénivelé en très peu de distance.

Vanoise : col du Grand Marchet - AU BOUT DES PIEDS
col du Grand Marchet

Là-haut, un couple de Danois grignotent, assis au dessus du col. Je les comprends bien vite. La vue est incroyablement belle et je n’ai plus de batterie pour mon appareil photo. Quel regret !

Un magnifique cirque de pierriers en pente douce, surplombé de ses crêtes rocheuses parmi lesquelles dégringolent des cascades blanches et dominant une zone plane verdoyante, où coulent les tranquilles méandres du ruisseau d’Isertan. En bas, on se rapproche de ce torrent sinueux ; les herbes hautes, le soleil… Un régal pour les yeux.

 

Par contre, la traversée du torrent, profond et puissant à ce niveau, n’est pas rassurante : on doit passer sur une poutrelle métallique de 20 cm de large, longue de 3 m, 1 mètre au dessus de l’eau qui pousse fort dans ce léger virage. J’hésite un bon moment avant de me lancer. Y-a-t-il un autre pont ? Pas à proximité.

 

Au refuge de la Vanoise, on m’avait parlé du sentier à flanc de cirque en descendant du col du Grand Marchet, qui permettait de couper et de rejoindre le Petit Marchet par l’est. J’en ferai le tour par l’ouest, avec vue sur Pralognan.

 

L’autre grand moment de la journée est l’arrivée sur le refuge de la Valette. On aperçoit les glaciers tout en haut, mais surtout, c’est le cirque creusé dans la falaise, le lac bleu au fond et les cascades qui retiennent les yeux. Évidemment, ici il y a plus de monde. Ça parle anglais, italien, espagnol… 

 

 

La suite, c’est la fin. Descente sur le parking où je croise quantité de gens qui n’iront pas tous jusqu’au refuge. Ça se mérite une vue pareille. La descente est longue et pas spécialement belle ; une fin de voyage...

 

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Au total, j’aurai passé 5 jours en Vanoise, pour faire un beau circuit d’environ 150 km et 8 300 m de D+.

Je garde un excellent souvenir de la Vanoise par l’isolement, l’altitude et certaines vues. Je n’y ai pas croisé grand monde, ce que je cherchais. L’altitude moyenne à 2500 m ajoute à l’isolement. La proximité des glaciers fait aussi partie des choses qu’on ne croise pas tous les jours.