GRAND-MORIN

le Grand Morin à Chatillon-sur-Morin - AU BOUT DES PIEDS

 

Le Grand-Morin est un affluent de 120 km de la Marne.

Il prend sa source à 185 m d'altitude, dans la Marne et coule ensuite en Seine et Marne.

 

A la source

 

Le Morin, je connais bien… rivière d’enfance. Mais pas à cet endroit, ni surtout de cette manière. L’inconnue entourant cette section amont de la rivière, la recherche d’aventure et le vieux souvenir de virées dans les ruisseaux en bottes me faisaient rêver depuis longtemps à cette entreprise. Et entreprise il y eu à descendre ce ruisseau en canoë.

 

Alors que la source IGN du Grand Morin est située à Lachy, hameau de la Marne, un ruisseau vient d’encore plus haut : le ruisseau de l'étang de Morelle. Je l’avais remarqué lors d’une précédente rando vélo en été. Ça m’avait déjà intrigué : une source au-delà de la source !

Les sources du Morin sont à Lachy un endroit agréable. Pour qui a déjà vu une source sortir de terre, le spectacle laisse forcément des traces. Je voulais savoir quelle pouvait être la vraie source.

 

J’ai donc profité des belles eaux de l’hiver pour me rendre là où personne, je pense, n’a jamais fait passer un canoë : un ru à travers bois et champs.

Les anciens guides de canoë témoignent de croisières depuis Estrenay. Le ru de la Morelle et les premiers kilomètres du Morin, une première ? Il y a de fortes chances. En tous cas, pour moi.

Il n'est donc pas vraiment question de navigation sur le Morin ; l'essentiel étant ici la découverte d'une section de cours d'eau méconnue.

 

1 - De l'étang de la Petite Morelle à Lachy : en amont des sources !

 
Le Morin se nomme ici le ruisseau de l'étang de Morelle. Il n'est pas flottable ; seulement une vingtaine de cm d'eau au mieux. La progression est lente et très difficile.

Le niveau d'eau à l'échelle du pont de Chatillon-sur-Morin était juste au dessus de la moitié de "0" ou 0,9 m soit 2 m3 à la station Vigicrue de Meilleray. Pour bien faire, il faudrait plus d’eau encore.

 

 

2 - De Lachy à Moeurs-Verdey : enfin flottable

 

On traverse le charmant village de Lachy. Puis, le ruisseau plus profond commence à entraîner le bateau et son pagayeur. On passe Val Dieu, ancienne abbaye, et on arrive à Moeurs après de nombreux petits virages. La vue est agréable sur les champs alentour et les berges sont plutôt entretenues.

Au sud de la N4

 

3 - De Moeurs-Verdey au pont de la D239 : paysage bucolique

 

Le paysage s'ouvre, les prés verts sont là, la rivière a creusé la terre ou coule au raz des prés. Petit coin de paradis.

 

4 - Du pont de la D239 à Esternay : toujours difficile

 

Des bois, des prés et champs, du marécage. La progression n'est toujours pas continue : des ronces, des troncs en travers, de petites passerelles basses, des roseaux.

La zone marécageuse dans le bois est longue et fastidieuse surtout après des longueurs de rivière envahie de ronciers. Mais la section sous le pont de Chatillon-sur-Morin est à nouveau adorable.

Le haut Grand-Morin

 

 5 - D'Esternay à la Ferté-Gaucher : peu à peu navigable

 

Bien qu'ayant encore un faible niveau d'eau sur les premiers kilomètres, le Morin prend petit à petit suffisamment de fond pour qu'on puisse passer sans problème. Quelques arbres morts entravent encore la progression mais c'en est fini des broussailles épineuses.

 

J'ai fait ce tronçon à deux niveaux d'eau très proches et pourtant j'ai bien senti la différence avec moins d'eau : ça a été bien plus lent et long .

Je l'ai fait la première fois à 0,90 (à l'échelle de Meilleray) et la seconde fois à 0,92 (soit 2 m3 selon Vigicrue). Mieux vaut 0,92, voire plus.

 

Le parcours est charmant. On peut enfin se laisser aller avec le faible courant et découvrir cette rivière encaissée de deux à trois mètres sous le niveau des champs, près et bois. De ce fait, on n'en voit pas grand-chose. Il faut prendre le temps de s'arrêter sur les berges pour mieux apprécier le décors.

 

D'abord la traversée d'Esternay et ses pêcheurs, grands défenseurs de leur rivière, ignorant les lois mais menaçant sans complexe. La rivière est encore étroite.

Puis on s'enfonce dans la campagne pour ne plus la quitter jusqu'à la Ferté-Gaucher. A nouveau les champs, les grosses fermes isolées, les prés, quelques petits villages, des ponts, de belles églises et les premiers barrages.

La rivière se fait plus plate à l'approche du barrage encore en état avant la Ferté. On approche du bourg par les jardins ouvriers et on pénètre entre les propriétés aux façades tantôt coquettes tantôt délabrées.